Logitech continue sa percée dans l’univers de l’esport en dévoilant la nouvelle souris G Pro Wireless. Élaborée avec l’aide d’une cinquantaine de joueurs professionnels, cette dernière vient directement remplacer le modèle G Pro sorti il y a maintenant deux ans..
Une coupe étudiée par et pour les joueurs, un poids réduit au minimum, un capteur ultra-sensible et une latence proche de 1 ms ; tels sont les principaux arguments mis en avant par la marque. Nonobstant, son prix élevé pourrait freiner bon nombre d’acheteurs potentiels dans leur élan. Alors, la nouvelle G Pro vaut-elle le coût ? C’est ce que nous avons voulu découvrir dans ce test.

Dans la boite

Dès l’ouverture de la boite, la très attendue G Pro Wireless surprend par sa légèreté. Elle est accompagnée du dongle USB griffé « PRO » de la marque ainsi que d’un long câble de rechargement d’1m80. Notons d’emblée que ce dernier a le bon goût de se brancher à l’avant du périphérique et permet donc de jouer en cours de charge. Une logique malheureusement pas systématique chez tous les constructeurs.
Enfin, 4 cache-boutons viennent compléter les accessoires. Ils permettront de « condamner » au besoin les boutons latéraux de la souris. Nous y reviendrons.

Un design taillé pour l’eSport

Logitech a travaillé à fond son storytelling autour du design de la G Pro et, de fait, porté les attentes au plus haut ; surtout vu le prix de la bête. En effet, afin d’attirer l’attention des gamers sans qu’ils aient même besoin d’avoir vu ou touché la souris, la marque fait appels à des joueurs pros. Plus de 50 d’entre eux auraient collaboré avec les designers suisses afin de trouver la forme « parfaite » à cette nouvelle G Pro.
De plus, avant même que la souris ne soit sur le marché, elle a déjà remporté le premier championnat d’Overwatch aux mains de l’équipe London Spitfire.

Design & construction

Force est de constater qu’au premier regard la simplicité du design interpelle, mais que sa sobriété - alors que les accessoires gaming sont souvent tape-à-l’œil - fait pourtant mouche. La G Pro est assez peu bombée : elle se distingue par un profil plongeant à l’avant ainsi qu’une courbure assez douce à l’arrière. Nous vous laissons juges de son esthétique ; pour notre part, le sérieux qu’elle inspire n’est pas pour nous déplaire.
Ses dimensions de 125 x 63,5 x 40 mm en font une souris moyenne ; plus petite que la célèbre G502 (modèle le plus vendu par la marque), la G Pro Wireless devrait s’accorder parfaitement avec la plupart des mains.

La prise en main : parlons-en justement ! Sans être révolutionnaire, celle-ci s’avère agréable. Logitech a fait le choix d’une souris ambidextre, donc totalement symétrique. Avec des flans à peine creusés, on peine un peu à la maintenir suffisamment entre le pouce et l’auriculaire. De fait, la préhension ne semble pas des plus efficace ; nous verrons si cela se ressent ou non en jeu.

Autre point venant renforcer ce sentiment, le choix de la matière de la souris. La coque, construite en matière plastique mate et lisse, qui est certes d’un bel effet, n’aide cependant pas à la prise en main : de prime abord la souris s’avère relativement… satinée. Pour ne pas dire glissante.

La G Pro dispose, en plus des clics droit et gauche, de 4 boutons programmables, deux par coté. Afin que chacun y trouve son compte, droitiers et gauchers, Logitech a eu la bonne idée de fournir 4 cache-boutons permettant de « désactiver » physiquement ceux dont on n’aurait pas l’usage ou de prévenir d’éventuelles mauvaises manipulations.

Dans cette même optique, le bouton pour régler la sensibilité (DPI) a été placé sous le périphérique à l’opposé du bouton d’alimentation.
La trappe centrale, en dessous du capteur, fixée par deux aimants plutôt costauds, cache un emplacement pour le dongle USB. Celle-ci n’est pas très facile à retirer, mais c’est surtout sa remise en place qui nous a interpellés, le claquement du plastique lors de cette manipulation sonnant en effet un peu toc. Un détail qui s’explique surement par la conception ultra-légère de la souris.

Les LED RGB étant très tendances dans le gaming, le nouveau fer de lance de la marque ne pouvait y couper... Nous retrouvons donc une palette de « 16,8 millions de couleurs (environ) personnalisables » épaulée par la technologie LightSync. Cette dernière propose des effets d’éclairages synchronisés et pilotés par les jeux ou l’application de communication Discord. La LED répond aux actions effectuées en jeu, à l’échantillonnage des couleurs affichées à l’écran ou encore la visualisation audio. On peut comprendre l’intérêt d’un tel dispositif sur un clavier pendant une session de jeu, mais sur un périphérique où la lumière est entièrement recouverte par la paume de la main, l’intérêt est discutable.

Qu’en est-il du poids ?

Parce qu’en effet, avec un poids de 80 grammes, la souris est légère… Très légère même. Pour atteindre ce poids plume, la coque extérieure ne dépasse pas 1 millimètre d’épaisseur, selon la documentation de Logitech. La marque aurait conçu son châssis en échelle, une fabrication innovante permettant de conserver une bonne solidité tout en réduisant l’usage de matière.

À ce niveau, force est de constater le plastique ne plie pas : la souris, malgré son poids, semble bien dense et solide.

Dans le même souci de légèreté extrême, Logitech a également travaillé sur une molette à rayons tout en plastique et crantée. Réduite à sa plus simple expression, cette dernière ne permet donc pas le défilement gauche et droite comme sur la G502 par exemple.

À noter, pour finir, que vous ne trouverez pas de poids supplémentaire dans le package de la G Pro pour affiner sa masse à votre convenance (comme cela était possible sur la G500 par exemple). Logitech a fait le choix d’une souris légère, point.

Mécanique bien huilée

Pour supporter les clics droit et gauche, un ressort métallique permet une meilleure uniformité entre ces deux boutons. Ce mécanisme permet de réduire la distance et la force nécessaires pour effectuer une action. Aucun clic non désiré quand les doigts sont posés n’ont cependant été occasionnés après plusieurs heures de tests. Le clic est fiable, net et ne montre pas de souplesse ou de résistance excessive.

Capteur supersonique

Logitech utilise ici le capteur HERO 16K. Concocté maison, ce dernier est le plus rapide et précis de la marque. Il peut suivre des mouvements ultra-rapides propre à l’esport à des vitesses supérieures à 400 IPS sans décrocher. Aucune modification software ou hardware n’a été apportée à la capture du mouvement : exit le lissage, le filtrage ou l’accélération, quelle que soit la sensibilité (de 100 à 16 000 ppp). Le mouvement enregistré ressort brut, sans compensation. Impeccable.

Et en jeu alors ?

Inutile d’imaginer faire décrocher la souris lors d’un mouvement brusque. Configurée à 16 000 ppp, la souris est inutilisable tant elle est rapide. Un élan minime entrainera la G Pro de bord à bord de votre écran. Les joueurs professionnels dépassent difficilement les 10 000 ppp en utilisation réelle, une telle précision - si elle n’est pas utile aujourd’hui - pourrait prendre sens avec l’arrivée de la 4K. Si cette donnée est en premier lieu marketing aujourd’hui, il n’empêche que la petite dernière de Logitech s’en retrouve redoutablement précise une fois en main.

« Une souris sans fil pour jouer sans lag ? » On entend souvent cette interrogation qui appartient pourtant bien au passé. Le retard accusé mesuré est de 1ms, autant dire imperfectible. Pour y arriver, Logitech a mise au point une technologie nommée LightSpeed. Tous les composants du périphérique ont été revus un par un, les plus lents en premiers, jusqu’à ce qu’il n’en reste aucun ralentissant le signal.

Avec seulement deux boutons utilisables directement en tant que gaucher ou droitier, la G Pro est clairement orientée pour les joueurs de FPS. Son poids très léger nous a permis de gagner en précision sur des retournement rapide lors de parties sur Quake 3 (le roi du fast FPS, indispensable pour tester une souris) ou lors de changements rapides de cibles au sniper sur Battlefield 1 et 4. Sur les jeux de type MOBA, nécessitant de très nombreux allers-retours pour se déplacer et attaquer, j’ai été surpris par le gain de vitesse acquis dans mes actions, encore une fois grâce à sa légèreté. Pour les aficionados des MMO, nous déconseillons toutefois cette souris : ils seront très rapidement limités par le manque de raccourcis rapides.

Autonomie

Logitech annonce que son capteur consomme 10 fois moins d’énergie que le capteur PMW3366 utilisé sur la précédente Pro. L’autonomie théorique est solide, 60 heures garanties contre 48 heures avec la LED RGB activée.

Pour les allergiques à l’utilisation filaire (lors de la recharge de la batterie), Logitech vend un tapis de souris Powerplay à un tarif de 105€. Cette solution permet de se dispenser du moindre câble grâce à la recharge par induction en payant le prix fort.

La suite logicielle

Désormais en version 9.0, le logiciel Logitech Gaming Software est déjà bien éprouvé. De nombreuses fonctionnalités permettant de régler la G Pro sont disponibles. 5 profils différents peuvent être réglés et enregistrés directement dans la mémoire du périphérique. Cette fonctionnalité, très pratique, vous permet de conserver vos raccourcis et macros affectés aux touches, ainsi que vos niveaux de sensibilité lorsque que vous passez d’un ordinateur à un autre, ou même si vous avez effectué un formatage.
En sus, vous pourrez à tout moment consulter le niveau de charge, l’autonomie restante, et paramétrer ou désactiver la LED RGB.

Conclusion

Logitech nous livre une fois de plus un produit de qualité. Etonnamment minimaliste en termes de design par rapport à ce qui se fait dans le milieu de l’accessoire gaming, cette souris a le mérite de trancher. Certains ne seront pas prêts à sacrifier leur précieux repose-pouce, quand d’autres vont tout bonnement embrasser ce design qu’on s’approprie facilement. Durant nos tests poussés, la G Pro n’a à aucun moment failli, l’absence de câble couplée à une telle légèreté offre une grande sensation de liberté et de contrôle.

On sent les années d’expérience de la marque dans ce domaine, mêlées au travail effectué étroitement avec les joueurs professionnels. La désactivation des boutons programmables de façon logicielle ou physique, ainsi que le placement spécifique des patins, en sont de bons exemples. Seul son prix vient cependant ternir le tableau et ne destine pas cette nouvelle née à toutes les bourses… Pour autant, une version filaire prochainement vendue aux alentours de 70$, mais pas encore annoncée, devrait rendre l’excellente G Pro un peu plus accessible.
La note Clubic
Design
Fonctionnalités
Performance
Ergonomie
Les plus
  • Poids très léger avec batterie
  • Capteur HERO 16K
  • Boutons amovibles
  • Ambidextre
Les moins
  • Prix
  • Batterie non amovible
Quentin Blanchard
Publié le 13 sept. 2018